• Alexanne Bolduc

Les kinésiologues veulent faire partie de la solution

Les kinésiologues veulent faire partie de la solution…et ont avantage à faire partie de la solution.


Le cadran a sonné, il est plus que temps que les choses changent

Ce temps de pandémie nous fait réaliser que notre système de santé est au bord du gouffre. Notre précieux personnel des hôpitaux est à bout de souffle! Bien que cette réalité ne sonne l’alarme que depuis le début de la pandémie, cette réalité est présente depuis bien longtemps, la pandémie n’est que la «cerise sur le sunday» d’un système qui a besoin d’aide et de renouveau.


D’ailleurs, dans son point de presse du 25 janvier 2022, le premier ministre du Québec, Monsieur Legault, a fait mention de la nécessité pour le gouvernement de procéder à une refondation du système de santé québécois, notamment en y incluant le recours à d’autres catégories de personnels et la décentralisation des responsabilités de certains professionnels.


Le KINÉSIOLOGUE doit faire partie de la solution et des ressources à considérer. Il constitue une arme précieuse dans la santé des québécois(e)s de demain. Il faut arrêter de toujours vouloir éteindre des feux, c'est le moment d’investir temps et argent dans la prévention. Il faut mettre la priorité sur la santé, pas seulement sur la maladie.


Qui est le Kinésiologue

Le kinésiologue, est un professionnel de la santé qui utilise le mouvement à des fins de prévention, de réadaptation et de performance. C’est LE professionnel de l’activité physique. Il détient une formation universitaire, lui attribuant de précieuses connaissances dans la prévention et l’intervention de troubles musculosquelettiques, physiologiques et métaboliques. Il détient de solides connaissances pour intervenir avec différentes pathologies tels l’obésité, le diabète, l’hypertension, les troubles musculosquelettiques, l'ostéopénie/l'ostéoporose, le syndrome métabolique, l'arthrite/l'arthrose, la santé mentale, le cancer, etc.


L’activité physique constitue une solide solution aux problèmes criants.

Il a été démontré, par de nombreuses études, que la sédentarité est associée à un risque accru de développer, ou d’aggraver, certaines maladies chroniques telles que les maladies coronariennes, l'AVC, l'obésité, le syndrome métabolique, le diabète de type 2, l'hypertension, les troubles lipidiques, l'ostéoporose, le cancer du sein et du côlon, la dépression et l'anxiété, en plus d’augmenter le risque de mortalité prématurée. Ainsi, il faut prendre l’inactivité physique au sérieux, car ces conséquences le sont!


En investissant un tant soit peu de temps et d’argent dans le soutien, l’éducation et le suivi d’un mode de vie sain et actif, tel un kinésiologue est formé pour le faire, on contribue à désengorger la demande médicale liée à ces maladies chroniques. Le kinésiologue est très bien formé pour agir et influencer, de manière positive, dans la prévention et la progression de ces maladies. Ce travail de première ligne diminuerait ainsi la demande médicale, les suivis médicaux et les couts médicaux, liés à ces problèmes de santé qui, actuellement, engorgent notre système de santé. L’inactivité physique coute très cher à l’état. Selon des études, les problèmes de santé dus au manque d'activité physique quotidienne, représentent un énorme cout de 89 milliards de dollars au Canada. Derrière cette immense somme se retrouve un nombre important de visites médicales, de médicaments, d’hospitalisations, de soins, qu’assume actuellement l’État, en plus d’engendrer divers couts indirects, tels l’absentéisme au travail, l’invalidité, etc. Ainsi, le simple fait de bouger, bouger plus, bouger mieux, bouger intelligemment, fait non seulement économiser des ressources médicales, mais contribue également à économiser beaucoup d’argent!


La future refondation du système de santé québécois devrait donc inclure l’objectif d’améliorer la santé des Québécois par l’approche préventive qu’offre l’activité physique. En effet, l’activité physique a beaucoup plus à offrir que peut penser le gouvernement et la société, tel qu'on a pu le remarquer et le comprendre dans les décisions sanitaires ainsi que dans le BYE BYE 2021. Il faut arrêter de la stigmatiser. L’activité physique, c’est beaucoup plus qu’une activité égocentrique visant à améliorer l’apparence physique d’une personne! Ce n’est pas juste des gros bras de bodybuilder, des tablettes de chocolat de miss fitness, si on s’arrête à ça, on passe à côté de beaucoup, beaucoup, de choses! L’activité physique c’est une solution, une solution majeure, une solution à long terme et une des solides solutions pour améliorer la santé des québécois, québécoises! D’ailleurs, si cette approche préventive avait été mise sur pied beaucoup plus tôt, il est légitime de penser, qu'à l’heure actuelle, les hospitalisations liées à la Covid, il y en aurait beaucoup moins, car actuellement, les personnes hospitalisées sont des gens qui présentent de 1 à plusieurs comorbidités (obésité, syndrome métabolique, diabète de type 2, hypertension, ) maladies chroniques qui, rappelons-le, auraient pu être absentes, ou moins importantes, si un suivi en activité physique et saines habitudes de vie avait été intégré au système de santé.


Pour toutes ces raisons, l’activité physique doit occuper une place fondamentale dans les stratégies de demain. C’est pourquoi l’intervenant le plus qualifié pour assurer la bonne pratique physique, le kinésiologue, doit être ajouté à l’équation de la solution. Leurs approches préventives permettraient aux gens de réduire le risque de comorbidité et de favoriser le vieillissement autonome et en santé, diminuant, par le fait même, la demande médicale.


Encore beaucoup de chemin à faire, il faut passer à la deuxième vitesse!

Tel un médecin qu’on associe à la maladie ou un physiothérapeute qu’on associe à la douleur et aux blessures, il faut apprendre à reconnaitre et se référer, avec la même importance, le kinésiologue pour tout ce qui attrait à l’activité physique et ses bienfaits.


Il faut faire CONNAITRE ce professionnel, mais il faut aussi que les gens aient ACCÈS à ce professionnel.


Pour ce faire, il faut d’abord protéger le public, en instaurant un ordre professionnel. Les kinésiologues ne sont pas des entraineurs de gym, les kinésiologues sont des professionnels de la santé, qui peuvent œuvrer dans un gym, mais aussi dans bien d’autres milieux tels que les cliniques de santé, les hôpitaux, les CHSLD, les cliniques interdisciplinaires, etc. Il faut savoir reconnaitre le kinésiologue et le distinguer à travers tous les charlatans, pour ainsi assurer une pratique physique sécuritaire et optimale.


Ensuite, il faut augmenter son accessibilité! Comme tout autre professionnel de la santé, consulter un kinésiologue engendre des frais. Afin d’augmenter l’accessibilité aux kinésiologues, les services pourraient être remboursés par plus de régimes d’assurances, par exemple ou encore, déduire les frais de ces services, ou toutes autres pratiques sportives, des impôts… Ce qui coute cher réduit l’accessibilité! En réduisant les couts associés à la consultation en kinésiologie et en réduisant les couts reliés à la pratique sportive, on augmente le nombre de personnes utilisant ce type de services. Le mouvement est curatif, le mouvement soigne, le mouvement est un soin de santé, pourquoi donc ne pas le déduire des impôts tels les médicaments, les soins de santé dentaire, etc.? Voici là, des pistes de solutions pour augmenter la reconnaissance et l’accessibilité à ce professionnel, pilier important d’un avenir en meilleure santé.


En conclusion

En intégrant les kinésiologues, comme professionnels de première ligne, à la restructuration du système de santé québécois, on réduit le nombre de consultations médicales liées aux maladies chroniques nommées ci-haut et pour les cas plus lourds et complexes , qui nécessitent tout de même une consultation médicale, les kinésiologues ont tout de même avantage à faire partie du plan d'action, en cogestion avec d’autres professionnels de la santé, afin d’avoir un impact complémentaire à l’approche médicale. L’approche préventive, celle de sauver des vies avant qu’elles soient en danger, permettra, à long terme, de diminuer la demande et le soutien médical. L’activité physique fait partie des stratégies curatives importantes et il est temps de la considérer.


Notre main est tendue et nous sommes prêts à faire partie de la solution, dans un esprit de collaboration, à aider, nous aussi, le réseau public et à améliorer la santé des Québécoises et des Québécois.


Alexanne Bolduc, B.Sc., Kinésiologue

Suivez-moi sur Facebook : Kinfo



Référence:

https://www.cqpp.qc.ca/documents/file/2014/Memoire_Consultation_prebudgetaire_2014-2015_2014-01-25.pdf

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)30383-X/fulltext

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)30370-1/fulltext

https://www.cqpp.qc.ca/documents/file/2014/Memoire_Consultation_prebudgetaire_2014-2015_2014-01-25.pdf

https://observatoireprevention.org/2017/10/10/sedentarite-risques-sante/

https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-012-2677-z

https://www.icm-mhi.org/fr/mois-lactivite-physique-risques-majeurs-sante-lies-sedentarite

241 vues1 commentaire

Posts récents

Voir tout